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Construction durable et performance énergétique
Etat des lieux et perspectives de développement dans la Somme
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L’Ecoconstruction : les fondations d’un monde plus vert  

Figurant parmi les principaux émetteurs de CO2, le secteur du bâtiment a commencé sa « révolution verte ». De la conception à la construction, l’ensemble des acteurs de ce domaine se mobilise pour poser les fondations de l’habitat « post-carbone ».
L’écoconstruction, également appelée construction durable, constitue une démarche intégrée permettant d’impliquer l’ensemble des acteurs de «l’acte de bâtir » dans la création d’un habitat plus respectueux de l’homme et de son environnement.

pierreetcoquartUne question transversale
L’écoconstruction est donc une question transversale, recouvrant les champs de l’environnement, de la conception, de la construction, des fluides et énergies, de la performance énergétique, mais également de la déconstruction ou de la gestion des déchets.
Apparues dans les années 1960, ces pratiques de construction durables sont longtemps restées marginales. Aujourd’hui, elles tendent à se généraliser sous l’effet de la prise de conscience, dans l’opinion publique, de l’urgence climatique.

Un objectif prioritaire
Le bâtiment durable devient prioritaire et des normes de plus en plus strictes sont mises en place à  l'instar de la Réglementation Thermique 2012 bientôt en vigueur. Ainsi l’objectif de consommation énergétique d’un bâtiment est de 50 kWh/m²/an pour 2012 pour tout logement neuf (2010 pour les bâtiments publics et tertiaires).le-saviez-vousEn ce qui concerne l’habitat ancien, les études ont fait apparaître que sur les 31 millions de logements existants, 19 millions sont à réhabiliter d’urgence car datant d’avant la première réglementation thermique de 1974. Dans ce domaine, des objectifs ambitieux ont aussi été fixés : 80 kWh/m²/an. Des labels de performance énergétique préfigurent déjà les exigences de la prochaine réglementation thermique.

Un levier de croissancepierre-coquart
Cet essor est d’autant plus important que la recherche menée dans le domaine des matériaux a permis de ne plus limiter les constructions durables à de simples « bâtiments témoins ». Aujourd’hui, l’ensemble des projets d’habitat, de la maison individuelle aux projets urbains complexes, peuvent en effet être éco-conçus.
Selon l’Ademe, l’essor de l’écoconstruction va agir comme un levier de croissance pour les entreprises du bâtiment. A lui seul, le secteur de l’isolation va représenter un marché de 1 200 milliards ; celui des économies d’énergies, un marché de 20 milliards.

Quelques définitions
effinergie>> Le logement basse consommation (BBC) et bioclimatique : construit en bois ou à partir de matériaux classiques, ce type d’habitat bénéficie d’une isolation performante, limitant les déperditions de chaleur. Pour bénéficier de la norme BBC, sa consommation en énergie primaire (incluant le chauffage, l’eau chaude sanitaire, les auxiliaires de ventilation et de chauffage, l’éclairage et le refroidissement) doit être inférieure à 50 kWhep/m² de SHON/an pour le neuf et à 80 kWhep/m² pour l’existant, soit moins de la moitié de la norme imposée dans le cadre de la RT 2005. La Picardie bénéficie du facteur géographique maximum donc comptez 65 kWhep/m²/an pour le neuf et 104 kWhep/m²/an pour l’existant. Par ailleurs, la perméabilité à l’air du bâtiment mesurée doit être inférieure à 0,6 m3/h.m² pour les maisons individuelles et 1m3/h.m² dans les immeubles collectifs.

maison-passive-france>> Les logements passifs. Ce type de bâtiment se contente généralement d’apports solaires pour ses besoins en chauffage. Son principe de construction à très faible consommation d’énergie permet une consommation d'énergie primaire, inférieure à 50 kWh/m²/an dont 15 kWh/m²/an seulement pour le chauffage. L’habitat passif est équipé d’une isolation optimisée et ne consomme en moyenne que 15% de l’énergie d’une maison traditionnelle.

>> Les logements à énergie positive : généralement des bâtiments passifs, conçus pour produire plus d’énergie qu’ils n’en consomment. Ils sont dotés d’une isolation thermique et renforcée présentent une excellente étanchéité à l’air. Enfin, ils sont équipés de moyens de captage ou production d'énergie, tels que des panneaux photovoltaïques, capteurs solaires thermiques, aérogénérateurs, pompes à chaleur sur nappe, freecooling par plancher rayonnant…


 
 


Bâtiment durable : des opportunités à saisir pour les entreprises de la Somme

laine-boisTerritoire d’agro-ressources, la Somme est aujourd’hui fortement positionnée sur le secteur des agro-matériaux. Au niveau local, les besoins restent cependant importants, offrant des perspectives de développement séduisantes pour les artisans et PME.

Territoire de tradition agricole, le département de la Somme s’est fortement positionné, depuis 2005, sur le secteur des agro-ressources. Grâce au pôle de compétitivité à vocation mondiale, Industrie et Agro-ressources, elle est devenue un pôle de référence international en matière de chimie verte.

Un savoir-faire local réel
Grâce au savoir-faire développé et à la création d’unités de recherche spécialisées ou de centres de transfert de technologie, tel que le Codem (Construction durable et Eco-matériaux), le département se positionne aujourd’hui sur le marché des écomatériaux et de la construction durable. Architectes bioclimatiques, industrie des matériaux, constructeurs de maison bois, poseurs d’isolations écologiques… En plus du réseau d’artisans dont les compétences se renforcent chaque jour davantage, la Somme compte déjà une cinquantaine de PME spécialisées.
A ce titre, les logiques de formation se développent. En exemple, le Label  ECO Artisan, initié par la CAPEB  permet à  l’entrepriseecoartisan du bâtiment  de disposer d’une compétence en évaluation thermique globale, à fournir un conseil global à son client, et à vérifier la qualité des travaux et la satisfaction du client. Les professionnels  qui s'engagent dans  cette démarche prouvent leur compétence en passant un examen et en acceptant des audits  réalisés  par un organisme tiers indépendant.  Dans le département de la Somme, déjà plus d'une cinquantaine d'entreprises ont obtenu le label  "Eco-artisan" et la CAPEB Somme accompagne les entreprises volontaires à aller plus loin dans leur démarche de développement durable. Pour plus d'information, cliquez ici
La Fédération Française du Bâtiment (FFB) a elle, créé une marque "Les Pros de la performance énergétique". logo-pros-de-la-performance-energetiqueCette identification permet de valoriser tous les efforts réalisés par l’entreprise pour répondre aux objectifs ambitieux du Grenelle et valorise également les efforts de formation réalisés, mais aussi la qualification « métier » de l’entreprise. Pour plus d'information, cliquez ici.

Des besoins en croissance exponentielle
Les besoins explosent. Ainsi, pendant qu’au niveau national, le marché de la construction neuve conventionnelle augmentait de 20 % sur les 5 dernières années, celui de la construction bois progressait de 46 %. Depuis 2006, le marché du photovoltaïque a connu une augmentation de 115 % et celui du chauffage solaire individuel de 82%.

Pour répondre à la demande et aux objectifs du Grenelle de l’environnement, le tissu d’entreprises, TPE et PME, doit donc se renforcer. A l’horizon de 2020, ce développement pourrait générer plus de 1 500 emplois sur le territoire départemental

Des besoins en formation importants
Le secteur du bâtiment durable offre une gamme de formations très riche, liée à la diversité des métiers du secteur de l'habitat et de la construction. Du CAP au niveau ingénieur, en passant par les BEP ou les bacs professionnels, la montée en puissance de la filière va nécessiter la formation, au niveau national, de plus de 200 000 personnes chaque année. C’est pourquoi, dans la Somme, les pouvoirs publics oeuvrent en partenariat avec les organisations professionnelles du secteur, au développement de l’offre de formation. Outre les postes d’enseignants (20 à 50 emplois attendus), la mise en place de ces parcours aura un impact largement positif sur la création d’entreprise dans le département. Le département doit rattraper son retard, les statistiques révélant que la densité artisanale dans le secteur du BTP atteint 41 artisans pour 10 000 habitants, contre une moyenne de 55 pour 10 000 au niveau national.


Un bâtiment passif dans la Somme : la bibliothèque de Beuvraignes

bibliotheque-beuvraignesPremier bâtiment public passif de Picardie, la bibliothèque, attenante à l’école couvre une surface de  20 m2 sur deux niveaux. Construite en bois, elle intègre une isolation renforcée, composée de 22 cm de ouate de cellulose insufflée et de 16 cm de laine de roche en isolation extérieur. Le système de vitrage, performant (Uw = 0,8 à 1,2), a été adossé à un système de ventilation double flux avec récupération d’énergie.
Comparée à un bâtiment répondant aux normes de la RT 2005, la bibliothèque de Beuvraignes consomme huit fois moins d’énergie : 30 kWh/m2/an, dont seulement 5 kWh/m2/an pour le chauffage. Pour parvenir à ce résultat, une attention particulière a été portée à l’étanchéité à l’air du bâtiment. Testé par le laboratoire CETE de Lyon, le débit de fuite, quasi parfait, a été mesuré à 0,05 m3/h/m2.
Le projet, réalisé grâce à la maîtrise d’ouvrage de l’association OZE (Objectif Zéro Energie), permettra à la commune de réaliser une économie de plus de 3 000 euros par an sur la facture de chauffage.




Interview de Blaise Dupré, directeur du Codem (Construction durable et éco-matériaux).

blaise-dupreEn quoi les éco-activités sont-elles une chance pour le département de la Somme ?

Blaise Dupré :
Notre monde est en pleine mutation, qu’on le veuille ou non. Ces changements, on peut les subir ou les devancer en profitant des opportunités de développement offertes. Les éco-activités - qui recouvrent la fabrication de matériaux dont la conception, la fabrication, ou l’utilisation permettent de limiter notre impact sur l’environnement – figurent parmi ces opportunités. Ces technologies ne sont donc pas une chance pour la Somme, mais bien une solution pour l’avenir. C’est le codemrôle du Codem que de mettre au point ces technologies industrialisées, donc compétitives avec les process et les produits traditionnels. Ces éco-activités permettent de générer du progrès !

Le département de la Somme peut-il être en pointe dans ce domaine ?
Blaise Dupré : Ce département et plus généralement la Picardie, est une terre d’agro-ressources. De nombreux « déchets » (coproduits) sont disponibles et peuvent être valorisés pour inventer de nouveaux matériaux. C’est le rôle du Codem que de les mettre au point avec les professionnels de l’agriculture, de l’industrie, du bâtiment, etc. Le Codem a d’ailleurs pour mission d’animer localement le réseau BâtiQE (réseau national piloté par l’ADEME), qui fédère l’ensemble des acteurs qui inventent les techniques du bâtiment de demain, du bâtiment durable. Notre mission est donc d’accompagner les entreprises, quelle que soit leur taille.
Le savoir-faire développé dans la Somme, aujourd’hui reconnu, favorise le rayonnement du département au niveau national, voire international. D’ailleurs de nombreux porteurs de projets sont prêts à s’y installer pour développer leurs technologies.


Pour aller plus loin :